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Le (vague) recours à l’expertise du gouvernement suisse lors de la crise de la COVID-19 // disponible en ligne

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Résumé

Cette conférence s’établit dans le sillage d’une note de recherche présentant d’une part les mesures prises par le gouvernement suisse et, d’autre part, les recommandations formulées par le Groupe de travail scientifique national suisse COVID-19 (SN-STF) pour lutter contre la propagation du virus COVID-19 et pour atténuer son impact sur la société et l’économie. Le SN-STF, un organisme d’experts créé à la demande de scientifiques, a été fortement critiqué pour son emprise jugée trop forte sur les décisions gouvernementales. Or, l’application des recommandations du SN-STF et les modalités de leur mise en œuvre n’ont pas été abordées de façon systématique. Dans cette optique, l’identification et l’analyse d’un total de 739 décisions gouvernementales et de 247 recommandations SN-STF émises entre le 1er janvier 2020 et le 30 juin 2021 montrent que le gouvernement suisse s’est moins appuyé sur l’expertise du SN-STF au cours de la deuxième phase de la pandémie. Le rôle accru joué par le parlement et les groupes d’intérêt, un recadrage concomitant de la question vers l’impact économique et social de la pandémie, puis une modification dans la perception du problème par les autorités gouvernementales pourraient expliquer cette évolution.

À propos du conférencier

Steven Eichenberger est maître-assistant à l’Université de Genève et actuellement chercheur invité au Département de science politique de l’Université de Montréal. Ses recherches et enseignements portent sur le rôle des groupes d’intérêt dans l’élaboration des politiques publiques, en particulier dans un contexte de démocratie semi-directe, et sur la perception des préférences de l’électorat par les parlementaires.